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19 Septembre 2014
L'inceste, une violence sexuelle, toujours subie et toujours taboue

Article paru dans Le Courrier du Saguenay le 19 septembre 2014.

AGRESSION. Le centre d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel La Maison ISA a souligné la 33e Journée d’action contre la violence sexuelle faite aux femmes sous le thème de l’inceste, ce vendredi 19 septembre.

Cette journée est un moment clé pour dénoncer la violence sexuelle et sensibiliser la population à la réalité des agressions sexuelles. Il est regrettable de constater que l’inceste demeure une réalité et une violence sexuelle constante dont le dévoilement constitue un obstacle presque insurmontable pour les jeunes filles. 68 % des victimes sont mineures et de sexe féminin.

«L’inceste est un acte de violence sexuelle, un acte de domination et d’abus de pouvoir. Il s’agit d’un problème de société et non d’une maladie ou d’une déviance individuelle d’un agresseur».

STATISTIQUES

Les statistiques des Centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS) révèlent que 75 % des demandes d’aide sont liées à l’inceste ou à des agressions commises à l’adolescence.

On estime qu’un tiers des femmes de plus de 16 ans ont été victimes d’une agression sexuelle. 86 % des agressions sont commises au domicile privé et 91 % des agresseurs sont connus des victimes, soit un proche parent ou une personne en position d’autorité.

En effet, dans les CALACS, 50 % des victimes attendent plus de 13 ans avant de demander de l’aide en raison de la honte, de la peur ou encore de la culpabilité.

L’Insomnie, les cauchemars, les troubles alimentaires, la toxicomanie, la dépression ou la faible estime de soi sont autant de conséquences dont souffrent physiquement et mentalement les victimes d’inceste. Les coûts sociaux de cette violence sont donc très élevés.

«De plus, le traitement judiciaire des victimes est difficile : seulement 10 % des victimes portent plainte. Les délais sont longs, les procédures pénibles et les sentences souvent insatisfaisantes. La dernière initiative de créer des registres d’agresseurs crée un faux sentiment de sécurité et ne porte de toute façon que sur les agresseurs condamnés», mentionne Christine Audet, intervenante sociale.

Les mesures pénales doivent se conjuguer à d’autres initiatives qui permettront de prévenir l’inceste. Pensons aux campagnes de sensibilisation sur la banalisation de la violence sexuelle, sur l’hypersexualisation des filles, la pornographie, l’exploitation sexuelle.

Cours d'éducation sexuelle

Le retour des cours d’éducation sexuelle à l’école demeure une recommandation primordiale des CALACS qui rejoignent des milliers de jeunes dans les écoles.

Les enfants et les jeunes filles ainsi que les femmes ont droit de vivre en sécurité et dans l’égalité. L’inceste viole leurs droits humains les plus fondamentaux.

«Soulignons les réalités particulières des femmes autochtones et des femmes handicapées dont le risque d’être agressées sexuellement est de deux à trois fois plus élevé.

«La Journée d’action contre la violence sexuelle faite aux femmes du 19 septembre est un des moyens que nous avons choisi pour sensibiliser la population au fait que l’inceste est une problématique toujours subie et inacceptable. Nous avons tous et toutes un rôle à jouer pour y mettre un terme.»

Divers événements sont organisés partout au Québec. Au Saguenay, le CALACS la Maison ISA a organisé une conférence de presse conjointement avec le Centre jeunesse 02 afin de sensibiliser la population à cette problématique.

N.B.: CALACS est un groupe de femmes et un organisme à but non lucratif fondé en novembre 1988 destiné à la lutte contre les agressions à caractère sexuel.

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