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04 Décembre 2014
Une dizaine de lieux clairement identifiés dans la région

France Paradis Publié le 02 décembre 2014

L'industrie du sexe

PROSTITUTION. L'industrie du sexe est en pleine croissance au Québec et la région du Saguenay—Lac-Saint-Jean n'y échappe pas. Au moins une dizaine de lieux très précis soit cinq bars de danseuses, un service d'escortes sans adresse et quatre escortes indépendantes existent dans la région, mais ils s'affichent très peu. L'information circule donc beaucoup de bouche à oreille et nombre d'activités reliées au sexe se déroulent directement dans des maisons privées.

Chantal Ismé est organisatrice communautaire principalement sur le volet de la prévention à l’exploitation sexuelle, la recherche et les questions entourant les communautés ethniques minoritaires.

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Cette constatation est tirée de deux rapports de recherches sur l’industrie du sexe du groupe de Concertation des luttes contre l'exploitation sexuelle (CLES), soit « Portrait de l’industrie du sexe au Québec » et « Connaître les besoins des femmes dans l’industrie du sexe pour mieux baliser les services ».

Chantal Ismé, qui travaille actuellement à la CLES comme organisatrice communautaire principalement sur le volet de la prévention à l’exploitation sexuelle, la recherche et les questions entourant les communautés ethniques minoritaires, en a fait la présentation ce mardi à St-bruno.

Elle était alors conférencière invitée devant les membres de la Table de concertation régionale en violence conjugale et agressions sexuelles du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

La CLES est une concertation d'organismes et de personnes critiques de l'industrie du sexe. Mise sur pied en 2005, elle regroupe 50 groupes membres, plus de 150 personnes individuelles et de nombreux sympathisants et de nombreuses sympathisantes qui croient qu’un monde sans prostitution est possible. Le travail de la CLES se décline en trois principaux volets soient: les services aux femmes, la sensibilisation et la formation de même que l’action politique.

Portrait

Selon le premier rapport d'étude, l'industrie du sexe est réellement présente à Montréal avec quelque 422 lieux recensés, dont 303 salons de massage.

Et quand on analyse tout ce qui circule sur Internet, c'est encore beaucoup plus.

Une des raisons de cette prolifération au Québec, c'est que les municipalités ne disposent pas de règlement pour contrer les établissements à caractère érotique si ce n'est la possibilité de les empêcher dans certains secteurs.

« En région, ce sont surtout les bars de danseuses. »

Selon Chantal Ismé, il s'agit d'une industrie qui est presque indéchiffrable dont il est impossible d'en connaître toute l'ampleur.

Ce qu'elle révèle dans son étude ne serait en fait que la pointe de l'iceberg de cette industrie.

« La grosse différence dans l'industrie, c'est la prépondérance des salons de massage à Montréal versus les régions où ils sont beaucoup moins nombreux. En région, ce sont surtout les bars de danseuses. Pour le portrait, c'est ce qui fait la grosse différence. Mais notre recherche, c'est juste un clin d'œil à la situation », avoue Chantal Ismé.

La deuxième recherche sur les besoins des femmes dans cette industrie est un peu plus précise car 109 femmes qui sont toujours active au sein de l'industrie ou qui en sont sorties, ont accepté de témoigner à cœur ouvert. De ce nombre, certaine femmes proviennent de Saguenay.

Ces femmes sont âgées entre 17 et 60 ans et l'âge moyen est de 36,4 ans. Près de 80 % d'entre elles avaient 25 ans ou moins au moment d'entrer dans cette industrie. Quelque 62 % sont ou ont été dans l'industrie plus de cinq ans et 21 % d'entre elles y sont depuis plus de 21 ans.

Quelque 81 % de ces femmes rêvent de quitter ce monde.

Dans l'ordre, elles y sont entrée par attrait pour l'argent, la toxicomanie, la proximité du milieu, sous la contrainte et finalement par intérêt ou curiosité.

Les empêchements pour en sortir sont les besoins d'argent, la toxicomanie, l'impact des violences et la marginalité.

Les ressources externes pour venir en aide à ces femmes sont peu nombreuses et elles éprouvent une peur de quitter ce milieu.

 

 

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